Nagasaki en un jour : que faire ? Du Parc de la Paix au Suwa-jinja

Nagasaki en un jour : que faire ? Du Parc de la Paix au Suwa-jinja

Nagasaki en un jour : que faire ? Du Parc de la Paix au Suwa-jinja

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Lorsque l’on évoque la Seconde Guerre Mondiale, et plus précisément la bombe nucléaire, la ville d’Hiroshima apparaît rapidement comme l’une de ses plus grandes victimes.

Pourtant, elles ont été deux à payer le prix de cette arme dévastatrice… mais Nagasaki, elle, est malgré elle souvent reléguée au second plan.

Hiroshima a été la première, le choc fut brutal et la sidération fut mondiale. Après la guerre, la ville est devenue le symbole mondial de la paix et du désarmement nucléaire.

Le 6 août 1945 a marqué un tournant historique, souvent narré comme unique. Nagasaki, elle, est bombardée 3 jours plus tard, le 9 août 1945. La surprise était « déjà passée », mais surtout, la fin de la guerre, annoncée le 15 août 1945, prend rapidement toute la place médiatique.

Mais même si Nagasaki est moins présente qu’Hiroshima, la mémoire locale, elle, est bien là.

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Carte Préfecture Nagasaki Japon

Ville portuaire située, sans surprise, dans la préfecture de Nagasaki, Nagasaki est une ville qui a toujours été ouverte sur le monde, avec une forte influence étrangère. Comme je vous en parlais dans mon article dédié aux Enfers d’Unzen, le christianisme s’y est particulièrement bien implanté. On y trouve donc différentes églises, dont l’église Ōura, inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO aux côtés d’autres églises qui forment un ensemble dédié aux kakure kirishitan, les chrétiens cachés.

Pour ma part, l’envie de découvrir Nagasaki est apparue il y a quelques années, lorsque j’ai vu une photo du torii à un pied du sanctuaire Sanno. Je ne sais pas pourquoi, mais cette image m’a énormément marquée. Moi qui n’ai jamais été bonne à l’école, je fais partie de ceux qui ne se rappelaient que d’Hiroshima. Et ce pied solitaire m’a rappelé à l’Histoire.

Entre temps, différents voyages au Japon ont vu le jour (3 mois au Japon en 2019, 10 jours au Japon en 2020, 1 mois au Japon en 2023, 4 semaines au Japon en 2024-2025, …), et la possibilité d’aller sur l’île de Kyushu a dû attendre le 5ᵉ voyage.

En préparant ce séjour, je me suis donc naturellement de nouveau intéressée à Nagasaki, et nous avons choisi d’y poser nos valises deux nuits. Nous avons donc en réalité passé un peu plus d’un jour à Nagasaki : nous sommes arrivés le mardi 2 décembre en début de soirée et sommes repartis le jeudi 4 au réveil. Mais même si nous avons profité de deux soirées sur place, nous n’avons eu qu’un seul jour de visite (à mon grand regret !).

Nagasaki en un jour

Le Parc de la Paix

Inauguré en 1955, soit 10 ans après la tragédie, le Parc de la Paix a été aménagé à proximité du point de chute de la bombe de 1945.

Cet espace est dédié à la mémoire des victimes et à la lutte contre l’armement nucléaire, et porte un fort symbole de paix : la Statue de la Paix, conçue par l’artiste local Seibo Kitamura.

Un jour à Nagasaki Parc de la Paix

Le bras droit levé vers le ciel pointe la menace venue d’en haut, la bombe, le bras gauche tendu appelle à la paix, et les yeux fermés à la prière pour les victimes.

Très étendu, le parc de la Paix appelle au calme et au recueillement.

On y trouve des sculptures offertes par différents pays portant un message de monde sans guerre, ainsi qu’une grande fontaine en mémoire des victimes décédées par la déshydratation après le bombardement.

À quelques pas du Parc de la Paix, vous trouverez le Parc de l’Hypocentre indiquant le point d’impact de l’explosion, ainsi que le Musée de la Bombe Atomique de Nagasaki.

Les trois se visitent donc naturellement ensemble.

Un jour Nagasaki Parc de la Paix Hypocentre

Nous n’avions pas vraiment envie de voir l’horreur de la bombe, que ce soit avec l’hypocentre qui fait froid dans le dos ou avec le musée qui rentre dans les détails, mais nous nous sommes dit que c’était comme un « devoir de mémoire », et il faut dire que le tout démarre la journée avec une ambiance plutôt morose mais certainement nécessaire.

Le torii à un pied du sanctuaire Sanno

Dans cette même idée, nous nous sommes rendus au sanctuaire Sanno pour y voir le pied solitaire de son torii en pierre.

C’est la première image que j’ai eue de Nagasaki, il y a plusieurs années, alors je tenais à la voir de mes propres yeux.

Nagasaki un jour torii à un pied

Je ne savais pas vraiment pourquoi cette image m’avait tant marquée, et puis l’explication fut finalement plutôt simple : situé à proximité du point de chute de la bombe, le torii fut touché, mais qu’à moitié.

Ce vestige brut, qui ne résulte donc pas d’une mise en scène, porte un fort symbole de survie face à la destruction.

Quant au sanctuaire Sanno en lui-même (un peu plus loin), il se démarque par ses deux grands arbres à l’entrée, eux aussi survivants de l’explosion.

Je ne saurais pas dire si le lieu est particulièrement visité, au même titre que le Parc de la Paix, car lors de notre passage en décembre 2025 il n’y avait pas grand monde sur place, que ce soit sur un site ou l’autre.

Néanmoins, le sanctuaire Sanno et son torii amputé sont situés dans un quartier résidentiel qui offre un regard plus intime sur Nagasaki.

Nagasaki un jour Sanctuaire Sanno

Les temples Fukusai-ji et Sōfuku-ji

Situés tous deux à des endroits complètement distincts dans la ville de Nagasaki, je les ai ici regroupés ensemble pour leur originalité.

Le Fukusai-ji est un temple bouddhiste très atypique : le bâtiment n’est nul autre qu’une immense tortue à la tête argentée.

Mais ça ne s’arrête pas là, puisqu’elle porte sur son dos une grande statue de Kannon, déesse de la compassion.

L’ambiance est ici très particulière. Nous sommes en zone résidentielle, et il n’y a personne sur place.

Fukusai-ji Nagasaki

Quant au Sōfuku-ji, c’est un poil différent mais tout aussi intéressant.

Le temple présente une architecture clairement influencée par la Chine, ce qui est relativement assez rare au Japon. Il témoigne ainsi de la forte présence chinoise à Nagasaki.

L’ambiance est à nouveau calme, et l’on profite de belles vues sur la ville.

À proximité se trouvent le sanctuaire Yasaka et ses torii rouges, en travaux lors de notre passage, ainsi qu’une colline abritant plusieurs cimetières et d’autres temples.

Sōfuku-ji Nagasaki

Le sanctuaire Suwa

Créé pendant la période de répression du christianisme, le sanctuaire Suwa avait pour ambition de réaffirmer les traditions shinto. Les habitants venaient y prouver qu’ils n’étaient pas chrétiens.

La particularité du sanctuaire Suwa tient dans sa position : niché sur les hauteurs de Nagasaki, ses longs escaliers offrent une superbe vue sur la ville, certainement ma préférée.

On pourrait y rester des heures pour admirer les différents jeux de lumières qui apparaissent au cours de la journée ! Sûrement mon coup de cœur de cette visite express de Nagasaki en un jour.

Chaque année, au mois d’octobre, se tient le festival Kunchi, l’un des matsuri les plus célèbres de Nagasaki, où se mélangent différentes influences. Si vous cherchez à optimiser votre itinéraire pour assister à des festivals japonais, je vous renvoie sur à mon article : Comment voir des matsuri au Japon ?.

Nagasaki un jour sanctuaire Suwa

Préfecture Nagasaki Japon

Nagasaki en un jour : pour compléter

  • Le quartier chinois : nous sommes allés les deux soirs au China Town de Nagasaki, mais nous n’y avons pas trouvé grand-chose. Le premier soir, tout était fermé, alors qu’il n’était pas très tard (à peine 21h) et le second soir, seuls deux shops étaient ouverts. Nous y sommes donc passés en coup de vent, le temps de prendre quelques photos (le lieu est plutôt photogénique). Je ne sais pas si nous sommes passés à côté de quelque chose ou pas, mais je ne peux pas dire que le quartier chinois de Nagasaki m’a positivement marqué.
  • Le Pont Mégane : construit en 1634, Megane-bashi est l’un des plus anciens ponts en pierre du Japon. Surnommé « le pont lunettes » en raison de son reflet dans l’eau de la rivière Nakashima, il est l’une des images les plus connues de Nagasaki.
  • L’église Ōura : citée en introduction, nous n’avons pas eu le temps d’aller voir l’église Ōura, à notre plus grand regret. Aussi nommée la « Basilique des Vingt-Six Saints Martyrs du Japon », elle serait la plus ancienne du pays.
  • Le Musée des 26 martyrs du Japon : le deuxième nom de l’église Ōura a dû attirer votre attention. Les 26 martyrs du Japon sont, comme vous l’avez certainement deviné, un groupe de chrétiens exécutés à Nagasaki en 1597, dans le cadre de la répression du christianisme menée par Toyotomi Hideyoshi. Ce musée, qui leur est dédié, retrace cet évènement marquant l’histoire chrétienne du Japon et son contexte historique.
  • Le Mont Inasa : pour un coucher de soleil mémorable, rendez-vous à la plateforme du mont Inasa, à l’ouest de la ville. Ce spot offre une vue panoramique sur la ville et sa baie, réputée comme l’une des plus belles vues du pays. Je n’ai appris son existence qu’en écrivant cet article, alors je suis bien déçue de ne pas y être allée ! Ce sera pour une prochaine fois.
  • Hashima : cette île abandonnée, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, se caractérise par ses ruines industrielles. Nous avions initialement prévu d’y aller, mais le manque de temps nous a rattrapés.

Nagasaki Pont Megane

Nagasaki China Town

Un jour à Nagasaki : mon avis

Comme vous vous en doutez à la lecture de ce dernier paragraphe « pour compléter » : un seul jour dédié à Nagasaki, ça ne suffit pas !

La ville est grande et riche en histoire et en patrimoine. Et puis s’en dégage une ambiance qui, personnellement, m’a appelé à réduire le rythme. On a envie d’y prendre son temps.

Je n’avais aucune attente en venant à Nagasaki, mais j’ai quand même été surprise.

Il y a un je-ne-sais-quoi qui m’a plu, difficile à expliquer. J’ai retrouvé ici la beauté des villes japonaises, mais mélangée avec celle de la campagne japonaise.

Un jour à Nagasaki

Un jour à Nagasaki

Nagasaki un jour

Nagasaki est animée, mais pas surpeuplée. Elle est illuminée, tout en étant discrète. Et son territoire en relief permet de profiter de jolis points de vue dissimulés un peu partout.

En bref, j’ai adoré Nagasaki, et j’y reviendrai avec plaisir.

La prochaine fois, je prévoirai deux voire trois jours sur place, afin d’explorer la ville et ses alentours plus en profondeur.

Un jour à Nagasaki

Un jour à Nagasaki

Nous avons logé à l’Hotel URO pour seulement 63 euros les 2 nuits (chambre double mais salle de bain et toilettes communes), ce qui a été le meilleur rapport qualité/prix de tout le séjour, comme je vous en parle dans mon article Budget pour 2 semaines au Japon, et que je vous recommande les yeux fermés.

Pour le prix, certes, mais aussi pour la localisation centrale (un parking se trouve à proximité, pour quelques euros la nuit) et la chambre bien plus grande que dans la plupart des hôtels japonais.

Quant aux déplacements, nous avons tout fait en voiture. Il y a des parkings partout, payants (quelques euros) ou gratuits, et ça nous a permis de couvrir une large zone de Nagasaki assez facilement. Pour tout savoir sur la location d’un véhicule, je vous invite à lire mon article Louer une voiture au Japon.

Et vous, vous avez visité Nagasaki ?

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