Unzen Jigoku : les Enfers d’Unzen, aux portes de Nagasaki

Unzen Jigoku : les Enfers d’Unzen, aux portes de Nagasaki

Unzen Jigoku : les Enfers d’Unzen, aux portes de Nagasaki

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Situé dans la préfecture de Nagasaki, et plus précisément sur la péninsule de Shimabara, le Mont Unzen est un massif volcanique qui rassemble plusieurs dômes actifs.

Bien moins connu que ses voisins de l’Est, les Enfers de Beppu, Unzen Jigoku (« jigoku » signifiant « enfer » en japonais) est un site à l’activité volcanique particulière.

Aussi nommés les Enfers d’Unzen, le lieu se distingue par ses grandes quantités de vapeur et de gaz soufrés qui imprègnent tout l’espace.

Entre ses odeurs d’œufs pourris, ses roches blanchies par le soufre, ses mares bouillonnantes et ses grandes fumerolles, les Enfers d’Unzen n’ont rien à envier aux Enfers de Beppu.

Si ce n’est un passé bien loin d’être glorieux…

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Carte Préfecture Nagasaki Japon

Les Enfers d’Unzen

Enfers Unzen Japon

Dès lors que l’on arrive à proximité des Enfers d’Unzen, le décor change brutalement. La voiture s’engouffre dans un nuage de vapeurs. Pas de doute : nous sommes au bon endroit ! Malgré le peu de monde sur place, on sait qu’il n’y a pas d’erreur. Avec le ciel gris, l’ambiance est quelque peu étrange.

Le site, entièrement gratuit, forme une boucle qui peut prendre deux départs. Nous avons commencé notre visite par cette entrée, ce qui nous a permis d’aller crescendo dans la sensation de surprise, car la partie de droite n’est pas la plus passionnante, se limitant à une traversée de la forêt ponctuée de quelques manifestations thermiques par-ci par-là.

En revanche, arrivés au niveau du belvédère donnant vue sur le Jaken Jigoku et le Dai Kyokan Jigoku, ce n’est plus la même. La taille et le nombre des fumerolles sont impressionnants. J’ai beau avoir déjà vu de tels paysages, que ce soit en Islande ou en Nouvelle-Zélande, mais je trouve ce spectacle toujours aussi fascinant.

Enfers Unzen Japon

Enfers Unzen Japon

Enfers Unzen Japon

Le parcours longe ces premiers enfers jusqu’à atteindre la zone la plus large du site, que l’on traverse sur un petit chemin de dalles serpentant entre les roches.

Le paysage est à la fois glauque, mystérieux et saisissant. Entre la faible fréquentation sur place, le ciel grisâtre et les chats qui se réchauffent auprès des émanations, avec leur nonchalance et leur lenteur apparente, les manifestations thermiques que l’on voit de près, et celles que l’on aperçoit au loin dans les hauteurs, nous transportent sur une toute autre planète.

Je crois que c’est justement ça que j’aime dans ces lieux hors normes : la sensation d’être dans un autre monde !

Enfers Unzen Japon

La présence de la tuyauterie apparente n’est pas appréciée par tout le monde. Certains jugent le lieu « moche », mais moi je lui trouve un côté steampunk (un peu comme au village Tsuetate Onsen) qui renforce encore plus l’impression d’univers à part.

On ne peut pas dire que c’est « beau », certes, ce n’est pas bien présenté, mais je préfère ça aux structures plus formelles et carrées. Si c’est cet aspect qui rend les Unzen Jigoku moins populaires que les Beppu Jigoku, alors tant mieux pour ceux qui, comme moi, préfèrent les lieux moins lisses.

D’ailleurs, je vous compare ces deux jigoku dans mon article Les Enfers de Kyushu : Unzen ou Beppu ? (publication à venir).

Enfers Unzen Japon

Enfers Unzen Japon

Mais si les Enfers d’Unzen sont aujourd’hui un site touristique qui impressionne par ses caractéristiques volcaniques, il est à noter que le lieu n’a pas toujours été un simple site naturel.

Retour au XVIIᵉ siècle, pendant les persécutions anti-chrétiennes…

Unzen Jigoku et son sombre passé : de véritables enfers

C’est en 1549 que le christianisme débarque au Japon, et plus précisément à Kagoshima, par le biais du missionnaire jésuite François Xavier, en pleine mission d’évangélisation en Asie. Si de nombreuses communautés chrétiennes se sont alors développées à Kyushu, c’est principalement à Nagasaki que le cœur du christianisme japonais s’est formé, et plus largement à Shibamara et aux îles Amakusa.

Avec un port ouvert au commerce portugais et un daimyō local converti, le christianisme s’est naturellement et librement développé dans cette région ; jusqu’en 1587, année durant laquelle le dirigeant Toyotomi Hideyoshi publie un décret anti-chrétien, visant à restreindre la pratique de la religion. En 1597, l’exécution des 26 martyrs de Nagasaki marque l’histoire.

La répression est particulièrement violente. Et dès que l’interdiction officielle est proclamée par Tokugawa Ieyasu, en 1614, les persécutions s’accentuent. Tortures, expulsions, destructions… Le christianisme est vu comme une menace à exterminer.

Enfers Unzen Japon

Et c’est là qu’entrent en scène les Enfers d’Unzen : afin de faire abjurer les croyants, les chrétiens y étaient menés de force pour les torturer. Exposés à la valeur et aux gaz soufrés, suspendus au-dessus des mares brûlantes, voire plongés dans l’eau bouillante des sources… Certains y ont même été exécutés.

Ces événements à répétition, inscrits dans un contexte plus large de persécutions systémiques, menèrent à la Rébellion de Shimabara (1637-1638). Cette révolte, impliquant de nombreux paysans de Shimabara et des îles Amakusa, dont beaucoup de chrétiens, mena malheureusement à un massacre qui mit fin au christianisme visible au Japon.

Si le sujet vous intéresse et que vous aimeriez le creuser, de nombreux livres français traitent de ce sombre passé. Je n’en citerai aucun ici car je ne les ai pas lus, mais il vous suffit d’écrire « chrétien japon » ou d’autres mots-clés similaires sur n’importe quelle plateforme de livres pour trouver plusieurs références.

Le Mont Unzen et ses alentours

Autour des Unzen Jigoku, les lieux d’intérêts ne manquent pas.

Sur le Mont Unzen se trouve le village nommé, sans surprise, Unzen, qui profite, sans surprise encore, de cette activité volcanique pour ses bains publics et ryokan traditionnels, et des boutiques de produits locaux, parfaites pour faire quelques emplettes de nourriture. Et en étant sur un massif, vous y trouverez naturellement différentes randonnées (direction le Mont Unzen Visitor Centre pour avoir la carte des sentiers) ainsi qu’un funiculaire.

Sinon, deux autres possibilités :

  • filer vers Shibamara pour y voir son château, ses maisons de samouraï et visiter le Unzen Disaster Memorial Hall, qui explique l’activité du volcan de 1990 à 1995 et l’éruption de 1991.
  • ou aller se prélasser au village thermal Obama, de l’autre côté du massif, entre bain privatif avec vue sur la baie et déjeuner cuit à la vapeur géothermique.

Nous avons choisi cette deuxième option car nous continuions ensuite notre route vers les îles Amakusa, et que le ferry se trouvait bien plus proche d’Obama Onsen que de Shibamara. Nous avons tout simplement adoré cette virée au bord de la mer, et je vous raconte tout dans mon article dédié à Obama Onsen. (publication à venir)

Mais notre passage d’à peine plus d’une demi-journée dans le coin nous a laissé un goût de reviens-y que nous comptons bien combler un jour. Ne serait-ce que pour profiter de toutes les beautés de la péninsule de Shibamara où se dresse en son centre le Mont Unzen. Alors à bientôt Unzen !

Et vous, vous connaissiez les Enfers d’Unzen ?

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